






Petit peuple -
Annuaires partenaires -
Esther Brassac -


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jeune fille dont la venue avait été si remarquée. Ardalana était sans doute sa préférée de toute la communauté. Elle avait beaucoup changé depuis la dernière fois qu’elle l’avait vue.
— Quel âge a t-
Kamantis se redressa : le moment était arrivé ! D’un geste, elle intima le silence
à l’assemblée qui se rapprocha de la rivière. Bien que la cérémonie de l’Accueil
survienne ponctuellement, c’était toujours un instant unique et sacré, un peu comme
un miracle dont on s’étonnait qu’il se reproduise encore et encore. Chacune des protagonistes
avait le regard fixé sur le jaillissement des eaux de la source souterraine et toutes
retenaient leur souffle comme s’il eut été sacrilège de respirer normalement durant
cette minute cruciale. L’attente se prolongeant anormalement, quelques femmes lancèrent
un regard discret vers Kamantis car elles semblaient garder l’espoir que celle-
Puis, subitement, elle distingua un éclat lumineux sur l’eau : ce ne pouvait qu’être les rayons des soleils se reflétant sur le métal. Un sourire triomphant s’afficha sur son visage lorsqu’elle fut certaine de ne pas s’être abusée. Alors, elle leva les bras et se mit à chanter. Sa voix, d’une grande pureté, s’élança vers le ciel et sembla s’imprimer sur chaque brin d’herbe, chaque rocher, formant une symbiose de tous les éléments.
Peu à peu, on vit apparaître une, puis plusieurs caisses métalliques de faibles dimensions,
les unes à la suite des autres. Elles flottaient sur l’eau sans que le courant ne
les ballotte au point de les faire verser. Patientes, les femmes attendaient au bord
de l’eau, leurs regards rivés à ces réceptacles exactement comme si leur avenir dépendait
de leur contenu. Enfin, la première de ces modestes embarcations se rapprocha et
l’une des femmes du groupe entra dans l’eau pour s’en emparer. Ses gestes avaient
la force de l’habitude. Elle revint doucement vers la rive et confia son précieux
chargement à l’une de ses compagnes, puis retourna chercher la caisse suivante. C’était
un privilège de séjourner ainsi dans l’eau fraîche étant donné la chaleur étouffante
qui régnait en cette fin d’après-
