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Chapitre 1
La journée avait été très chaude. Le petit chemin de terre était devenu poussiéreux
et chaque pas provoquait l’apparition d’un nuage poudreux. Eilanda s’essuya le front
tout en activant le pas. Elle était en retard ! En retard ! Pour la première fois !
Jamais une chose pareille n’était arrivée ! Elle se retourna vers les autres femmes
qui peinaient à la suivre :
— Dépêchons-nous un peu, voyons, la cérémonie de l’Accueil ne peut commencer sans
nous !
Elle vit avec exaspération qu’Ardalana s’était arrêtée pour admirer une fleur de
syclopolis avec ses deux amis.
— Ardalana, cesse de rêvasser, veux-tu !
La coupable se redressa, le rouge aux joues, tout à fait consciente d’être en faute.
Elle rejoignit rapidement le groupe, suivie par un Kyzondor furieux d’être bousculé,
soufflant de dépit par les naseaux et par Omatis, dans les nuages comme d’habitude,
au point de laisser sa magnifique queue traîner dans la poussière.
Eilanda accéléra encore le rythme de la marche, au grand damne de la troupe. La journée
avait de toute façon très mal commencé. Le Conseil des Sœurs Cadettes avait voulu
redéfinir certains petits détails, pourtant sans importance, du premier jour de la
Grande Rencontre qui aurait lieu dans deux semaines et chacune d’elles avait chipoté
sur des riens qui lui avaient fait perdre un temps précieux. Puis, lorsqu’elle avait
enfin pu mettre tout le monde d’accord, Mélissante était venue lui exposer ses griefs
contre quelques médisantes qui jugeaient avec condescendance son "sublime" poème
d’ouverture destiné à l’inauguration du premier jour de cette grande fête. Elle voulait
qu’Eilanda la proclame poétesse d’honneur ! D’autres tracas étaient venus s’ajouter
les uns aux autres avec un acharnement qu’Eilanda avait rapidement trouvé insupportable.
Et voilà que, pour couronner le tout, elle, Eilanda, l’Elue du Peuple de la Terre,
était en retard à la cérémonie de l’Accueil !
Elle sentit sa mauvaise humeur s’accentuer dangereusement. Kamantis ne manquerait
pas de lui faire remarquer son manque de rigueur et cette perspective accrût encore
son mécontentement.
Soudainement, elle prit conscience qu’un bien-être l’envahissait
et


Matériel protégé par le droit d’auteur
Matériel protégé par le droit d’auteur
Au nom du Feu sacré
Auteur : Esther Hartwell
Genre : roman de fantasy
Broché - 14 cm X 22.5 cm - 602 pages
Date de parution : 23 août 2007
Editions : Publibook - ISBN : 2748337557
Public : Adultes et adolescents
Prix : 27.55 € LIVRAISON GRATUITE


Résumé :
Sur une terre vivent séparément le Peuple masculin du Ciel et le Peuple féminin de
la Terre. Tous les dix ans, ils se rencontrent dans des conditions particulières.
Chaque humain est lié à un animal fantastique et tous deux sont détenteurs d'une
magie spécifique. Ces deux peuples sans sexualité ignorent tout de leurs origines.
Les nourrissons leur sont mystérieusement donnés lors de la cérémonie de l'Accueil.
D'où viennent-ils ?
Or, depuis peu, leur vie est gravement menacée car les bébés se font de plus en plus
rares et sont atteints d'anomalies alarmantes. S'ils veulent que leur race se perpétue,
ils vont devoir agir vite. Mais y a-t-il une solution ? Sauront-ils faire face aux
nombreux périls d'une recherche pour le moins incertaine ? Comment unir ses forces
quand hommes et femmes se supportent si difficilement ?
Ils sont bien loin d'imaginer ce qui les attend…
Avis de l’éditeur :
Premier tome d’une saga sur la nature humaine, un univers fantasy qui cache une habile
fable de science-fiction. Mêlant ainsi fantastique et anticipation, cette aventure
aux confins de l’imaginaire allie humour et réflexion.
A noter :
Il s’agit du premier tome d’une série, l’histoire de « Au nom du Feu sacré »
s’achève donc à la fin de ce volume.
... Le temps ne fut bientôt plus qu’une notion chimérique et elle oublia jusqu’à
son existence propre, son passé, et tout ce qui s’y rattachait. Elle n’était plus
une individualité en elle-même. Sa substance s’était dissoute, évaporée dans l’espace.
Ne demeuraient que la souffrance et le sentiment de pérennité de cette souffrance.
Elle ne percevait plus rien d’autre, son esprit se délitait, perdant un peu plus
la conscience de son schéma psychique à chaque seconde. Elle n’était désormais plus
constituée d’une substance tangible et pourtant elle était encore capable de comprendre
que sa douleur naissait de la matière dont elle était faite… dont elle avait été
faite à l’origine. Ce concept s’évanouit et elle ne chercha pas à le retenir. Elle
partait doucement…
flottante…
comme libérée et en même temps soumise, esclave de cette horreur
qui la brûlait et la martelait…
partir…
dormir…
enfin…
elle avait renoncé, appelant la fin apaisante qui ferait bienheureusement cesser
son martyre…
(page 414).
... L’imposant animal était de la race très estimée des merclandaires, oiseaux dragons
à l’apparence spectaculaire alliant des qualités physiques saisissantes qui conféraient
une majesté sans égale à leur race. C’est tout au moins ce que prétendaient les principaux
intéressés. D’accord, on pouvait dire ce qu’on voulait, les merclandaires étaient
fanfarons et vaniteux jusqu’à l’excès, tout particulièrement lorsqu’il était fait
référence à leur magnifique plumage mais il fallait reconnaître qu’ils n’avaient
pas vraiment tort de l’être. Leur noble tête de dragon, prolongée par un long cou
gracieux mais puissant, était posée sur un corps recouvert de plumes aux couleurs
les plus vives et les plus belles qu’on ait jamais vues et, pour parachever l’ensemble,
quatre pattes massives et griffues portaient le personnage vers des hauteurs intéressantes...
... ils n’en avaient pas moins de grandes qualités... (page 40).
... Les rugissements de Karrali étaient si forts que Cléchanda et Ermalia se bouchèrent
les oreilles et s’éloignèrent. Leurs compagnons liés étaient étrangers à ce genre
de manifestations tonitruantes et elles n’étaient pas armées auditivement parlant
pour supporter tant de décibels. Atya cherchait le moyen de sortir son compagnon
du mauvais pas où il s’était fourré mais restait indécise quant à la façon de procéder.
Elle avait éprouvé des difficultés avec ses deux amies humaines et imaginait très
facilement que la tâche serait beaucoup plus ardue avec un canoitlanz. Elle s’entoura
d’un bouclier de protection renforcé pour éviter d’être transformée en torche vivante
et s’avança subrepticement de Karrali en le contournant par derrière. Devait-elle
lui lancer un sort de pétrification et tenter de le raisonner avec des mots pleins
de sagesse ou procéder à une manipulation plus expéditive ? La question appelait
plusieurs réponses dont aucune ne la satisfaisait vraiment. Cependant, il n’était
plus temps de s’interroger, il fallait agir, et vite, avant que Karrali ne se blesse
sérieusement. Elle décida finalement de recourir à un traitement de choc dont les
résultats seraient plus efficaces et plus rapides. Elle souffla dans son poing fermé
en formulant mentalement l’incantation de pétrification... (page 214).
... Les deux anudions, hauts de plus de deux mètres cinquante, bloquaient le passage
de chaque côté du chemin, laissant les quêteurs prisonniers et dépendants de leur
bon vouloir. Ermalia se cacha derrière un éboulis pour attendre un moment favorable
qui lui permettrait de porter secours à ses compagnons, sachant pertinemment qu’elle
ne pouvait rien faire d’utile dans l’immédiat. Très vite, les événements s’accélérèrent
et les deux anudions passèrent à l’attaque avec une vélocité fulgurante. Ardalana
se jeta sur celui qui maintenait Yalipsane contre lui mais ses gestes avaient toujours
un temps de retard sur son adversaire. La Kachralax pulsait au rythme des battements
de son coeur et formait avec elle un duo à l’harmonie parfaite. La lame était entourée
d’un halo bleuté de plus en plus intense au fur et à mesure que s’enchaînaient ses
mouvements mais l’anudion paraît tous les coups avec une dextérité inimaginable.
Kyzondor crachait des flammes qui allaient s’écraser sur le dos de la bête sans que
celle-ci manifeste la moindre gêne face à cette agression... (page 329).

















—Il n’y a qu’une solution pour l’arrêter, fit Aristan en agrippant Daslan par la
manche, mais il faut que je puisse me concentrer.
— Que veux-tu faire ? l’interpella Eilanda qui était tout près.
— Désorganiser ses cellules cérébrales !
La détermination du magicien médical était sans faille. Jamais aucun médecin n’avait
utilisé les techniques de déplacement cellulaire dans un but autre que celui de soigner
mais la situation était désespérée et seul le recours à une telle incantation permettrait
de les sauver tous... (page 330).
... Yalipsane se tenait non loin, les mains plaquées sur la bouche, elle regardait
sans le voir vraiment l’horrible spectacle. L’état épouvantable de sa meilleure amie
était pire que toutes les horreurs qu’elle avait redoutées auparavant car celle-ci
avait été... ... J’comprends pas ! Vraiment, j’comprends pas ! Jamais j’ai vu un
d’ces bouts d’bidoche s’comporter comme ça !... (page 454).
... Une face rubiconde apparut dans l’encadrement du trou glaiseux, mettant fin au
suspens :
— Alors, ça va là-d’ssous ? hurla Hantorpe.
— Par les sept haches de Meriandorle, qu’est-ce que t’as fait pour qu’ils fuient
comme ça ? questionna Galentourne en posant sa hache dégoulinante sur le sol.
— Ah mais rien… rien du tout ! On a eu une aide imprévue, fit Hantorpe en riant de
plus belle. V’nez ! On s’retrouve au quartier général, ajouta le nain en faisant
un geste de la main... (page 461).
... Elle tendit des deux mains l’épée à Ardalana qui la prit avec un respect teinté
de crainte. L’arme semblait avoir un grand pouvoir car son seul contact la fit réagir
immédiatement comme si elle était électrisée.
— Cette épée est unique en son genre. Elle est le fruit de plus de dix années de
recherches et de tentatives plus ou moins fructueuses. Hier soir, j’ai prononcé plusieurs
incantations afin que personne ne puisse jamais se l’approprier. Elle t’appartient
et elle le sait, commenta Atya en posant une main sur l’épaule de sa fille.
— Comment ça, elle le sait ?
— Eh bien, c’est délicat à expliquer mais elle possède une sorte d’âme, bien que
celle-ci soit très rudimentaire. Elle est capable de penser par elle-même si tu fais
appel à sa conscience. Sa connaissance de l’art de la guerre est équivalente à la
mienne car je lui ai insufflé toute mon expérience... (page 268).









... — Ses possibilités sont immenses et évolutives, tu verras. Je ne peux donc pas
tout te dire car je ne sais pas tout moi-même. Mais elle est capable, dans certains
cas, de s’approprier l’énergie de ses ennemis, ... (page 269).
... — Vous êtes ici dans l’un des lieux elfiques sacrés, murmura Armyse en se tournant
vers ses invités.
Bientôt, ils virent un groupe d’elfines, toutes porteuses de nouveau-nés. Celles-ci
s’étaient arrêtées à proximité d’une arche recouverte de fleurs et passèrent une
à une en dessous, ralentissant leur pas puis marquant une pose pour présenter ensuite
le nourrisson à une fleur d’une étonnante grosseur.
— C’est durant ce passage initiatique que le bourgeon primal décide lesquels de nos
enfants deviendront des Karenzalts, précisa Armyse pensant être plus claire.
— Mais pourquoi doivent-ils devenir des Karenzalts ? A quoi cela sert-il ?... (page
350).
Il sortit alors de sa veste la petite flûte à éventails dont il ne se séparait jamais
et entama un morceau de musique, accompagné par Novialix dont la peau s’enflamma
aussitôt de mille couleurs enchanteresses. Très vite, des attroupements d’elfes se
créèrent et tous se balancèrent alors au rythme langoureux de la mélodie. Leurs mouvements
souples donnaient l’impression qu’une brise les traversait de part en part, tel le
souffle du vent dans la végétation. (page 352).
Un monde peuplé
d’êtres fabuleux et originaux :
- animaux magiques uniques en leur genre liés par des capacités télépathiques à des
humains doués de pouvoirs particuliers,
- elfes, nains, créatures maléfiques ou étonnantes.
Une quête ou tout peut arriver...