







Petit peuple -
Plan du site -
Esther Brassac -



ans une contrée éloignée, un village se blottissait au pied d’un château aux nombreuses tourelles. Les habitants y vivaient modestement de leurs terres bien peu généreuses. Si l’on n’y voyait pratiquement jamais le soleil, il n’y pleuvait que très rarement, ce qui expliquait les maigres récoltes. Les champs étaient clairsemés et les épis de petite taille.
Le châtelain, par contre, vivait confortablement en prélevant un impôt sur chacun des habitants du village. Malgré cela il était respecté et apprécié car ce vieil homme était considéré comme le protecteur de ces pauvres gens. Non loin de là, s’étendait sur une immense surface, une forêt aux arbres d’une impressionnante hauteur. Depuis fort longtemps personne n’y pénétrait, même les plus hardis. En effet, lorsque l’on franchissait l’orée de la forêt, on était saisi par un froid intense et par un silence de mort. Pas un oiseau, pas un souffle de vent, pas un animal n’animaient cet endroit. Il y régnait une semi obscurité angoissante. Chaque arbre apparaissait comme une menace. On avait la désagréable sensation qu’on ne pourrait plus jamais en sortir. Au village on l’avait surnommée « le tombeau ».
Ce jour là, la maigre moisson en était à son dernier jour. Malgré leur pauvreté, les gens ne manquaient pas de faire la fête pour marquer l’événement. Les réjouissances auraient lieu le surlendemain. Le châtelain descendrait au village pour ouvrir le bal et distribuer des rubans que les jeunes filles noueraient dans leurs cheveux. A cette occasion, les femmes feraient cuire des galettes dans le four à pain que le châtelain prêterait pour l’occasion. Les charrettes allaient et venaient afin de mettre la récolte à l’abri. Le village était animé, chacun s’activant à ses occupations. Sur la route poudreuse, une vielle femme avançait en s’appuyant sur un long bâton. Elle marchait très droite pour une femme aussi âgée. Son visage aux traits réguliers était encadré de cheveux blancs coiffés en bandeaux. Son pas allongé et élastique démontrait sa grande habitude de la marche. Elle pénétra dans le village sans regarder ni à droite ni à gauche. Les gens qui n’étaient pas habitués à voir des étrangers leur rendre visite s’arrêtèrent pour la regarder mais elle n’y prêta pas attention.
Parvenue sur la place, elle se dirigea vers une jeune femme et lui demanda un verre d’eau. Amanda la fit entrer chez elle et lui offrit ce qu’elle avait désiré. Lorsque la vieille femme fut désaltérée, Amanda se risqua à lui demander d’où elle venait. La femme resta muette un moment qui parut très long à son hôtesse. Enfin, elle leva les yeux, sourit puis entama un récit que la jeune femme n’interrompit pas.
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Amanda se sentait très émue devant l’obstination et l’amour de cette femme. Elle n’osa pas lui dire que depuis le temps, sa sœur n’était certainement plus de ce monde.
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En disant cela, elle posa devant Églantine une tranche de pain et s’excusa de n’avoir
rien à mettre dessus. La vieille dame mangea avec un regard de gratitude mais avança
que depuis le temps qu’elle voyageait seule elle avait l’habitude de dormir sous
la voûte étoilée et de se lever avant le soleil.Très reconnaissante de l’hospitalité
affectueuse d’Amanda, Églantine prit congé en la remerciant chaleureusement. La nuit
tombait doucement après une journée sans soleil et Églantine s’allongea près de la
rivière qui coulait au pied du château. Elle s’endormit rapidement. Le ciel était
encore bien sombre lorsqu’elle se leva et entreprit de faire quelques ablutions dans
la rivière. En se rhabillant elle vérifia de sa main droite que son anneau d’or était
toujours sur sa poitrine. L’anneau avait la taille d’un bracelet et les ciselures
qui l’ornaient représentaient des caractères étranges. De plus il diffusait une lueur
mystérieuse. Elle enfila sa blouse par-
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Elle sortit l’anneau pour le mettre sur sa blouse et celui-
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L’elfe leur conseilla de passer la journée cachées dans la grotte et de partir lorsque
la nuit serait bien noire. Le village était profondément endormi lorsqu’elles émergèrent
de la caverne. Anneau de pouvoir, conduit-
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La fête du village allait commencer et chacun attendait l’arrivée du châtelain. Ne le voyant pas venir, un jeune homme se porta à son devant afin de voir si tout allait bien pour lui. Il entra dans le hall du château et demanda à un serviteur d’aller chercher son maître. Un court instant après, le serviteur descendit avec derrière lui, un porc qui criait comme si on l’égorgeait. Le cochon se précipita dehors et partit en courant dans la campagne où une meute de chiens errants le poursuivit. A ce moment, les nuages se déchirèrent et le ciel bleu donna le coup d’envoi de la fête. Les deux jeunes filles arrivèrent suivies de charrettes lourdement chargées de victuailles succulentes et entreprirent une distribution générale. Depuis ce jour, la pluie tombe au bon moment, le soleil brille pour réjouir les cœurs, les moissons sont abondantes et la forêt hospitalière s’appelle aujourd’hui, la forêt d’Alatna.
Extrait du recueil « Les contes d’une rêveuse »
de Elisabeth C.
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