






Au nom du Feu sacré
INÉDIT
Sur une terre vivent séparément le peuple masculin du Ciel
et le peuple féminin de la Terre. Tous les....

Petit peuple -
Annuaires partenaires -
Esther Brassac -



Elle s’endormit rapidement. Le ciel était encore bien sombre lorsqu’elle se leva
et entreprit de faire quelques ablutions dans la rivière. En se rhabillant elle vérifia
de sa main droite que son anneau d’or était toujours sur sa poitrine. L’anneau avait
la taille d’un bracelet et les ciselures qui l’ornaient représentaient des caractères
étranges. De plus il diffusait une lueur mystérieuse. Elle enfila sa blouse par-
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Elle sortit l’anneau pour le mettre sur sa blouse et celui-
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L’elfe leur conseilla de passer la journée cachées dans la grotte et de partir lorsque
la nuit serait bien noire. Le village était profondément endormi lorsqu’elles émergèrent
de la caverne. Anneau de pouvoir, conduit-
A nouveau un rayonnement sorti de l’anneau les guida. Le château semblait être le
but à atteindre. Sans bruit et avec mille précautions, elles pénétrèrent dans le
hall puis empruntèrent le large escalier. Le faisceau se mit à décrire de larges
cercles devant la porte d’une chambre. A l’intérieur de celle-
Elles marchèrent un bon moment avant de parvenir à une clairière au centre de laquelle s’élevait modestement une masure au toit de chaume. Elles poussèrent la porte dans un bel ensemble et tout l’intérieur s’illumina. La pièce dans laquelle elle entrèrent impressionnait par ses dimensions. Le haut plafond était orné de lustres majestueux en cristal étincelant. Partout, des ors, des tapisseries de grand prix, des tableaux merveilleux, des objets dignes d’un conte des mille et une nuits. De nombreux valets s’agitaient, portant des plateaux d’or ou d’argent surmontés de montagnes de fruits ou de pâtisseries appétissantes. Un majordome s’avança vers les deux jeunes filles et les salua en leur annonçant qu’Alatna, leur marraine, les attendait dans sa chambre. Elles montèrent à l’étage puis furent accueillies dans une chambre somptueuse par une louve au pelage en fils d’argent et aux yeux d’or.
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La fête du village allait commencer et chacun attendait l’arrivée du châtelain. Ne le voyant pas venir, un jeune homme se porta à son devant afin de voir si tout allait bien pour lui. Il entra dans le hall du château et demanda à un serviteur d’aller chercher son maître. Un court instant après, le serviteur descendit avec derrière lui, un porc qui criait comme si on l’égorgeait. Le cochon se précipita dehors et partit en courant dans la campagne où une meute de chiens errants le poursuivit. A ce moment, les nuages se déchirèrent et le ciel bleu donna le coup d’envoi de la fête. Les deux jeunes filles arrivèrent suivies de charrettes lourdement chargées de victuailles succulentes et entreprirent une distribution générale. Depuis ce jour, la pluie tombe au bon moment, le soleil brille pour réjouir les cœurs, les moissons sont abondantes et la forêt hospitalière s’appelle aujourd’hui, la forêt d’Alatna.
ans une contrée éloignée, un village se blottissait au pied d’un château aux nombreuses tourelles.

Les habitants y vivaient modestement de leurs terres bien peu généreuses. Si l’on n’y voyait pratiquement jamais le soleil, il n’y pleuvait que très rarement, ce qui expliquait les maigres récoltes. Les champs étaient clairsemés et les épis de petite taille. Le châtelain, par contre, vivait confortablement en prélevant un impôt sur chacun des habitants du village. Malgré cela il était respecté et apprécié car ce vieil homme était considéré comme le protecteur de ces pauvres gens. Non loin de là, s’étendait sur une immense surface, une forêt aux arbres d’une impressionnante hauteur. Depuis fort longtemps personne n’y pénétrait, même les plus hardis.
En effet, lorsque l’on franchissait l’orée de la forêt, on était saisi par un froid intense et par un silence de mort. Pas un oiseau, pas un souffle de vent, pas un animal n’animaient cet endroit. Il y régnait une semi obscurité angoissante. Chaque arbre apparaissait comme une menace. On avait la désagréable sensation qu’on ne pourrait plus jamais en sortir. Au village on l’avait surnommée « le tombeau ».
Ce jour là, la maigre moisson en était à son dernier jour. Malgré leur pauvreté, les gens ne manquaient pas de faire la fête pour marquer l’événement. Les réjouissances auraient lieu le surlendemain. Le châtelain descendrait au village pour ouvrir le bal et distribuer des rubans que les jeunes filles noueraient dans leurs cheveux. A cette occasion, les femmes feraient cuire des galettes dans le four à pain que le châtelain prêterait pour l’occasion. Les charrettes allaient et venaient afin de mettre la récolte à l’abri. Le village était animé, chacun s’activant à ses occupations. Sur la route poudreuse, une vielle femme avançait en s’appuyant sur un long bâton. Elle marchait très droite pour une femme aussi âgée. Son visage aux traits réguliers était encadré de cheveux blancs coiffés en bandeaux. Son pas allongé et élastique démontrait sa grande habitude de la marche. Elle pénétra dans le village sans regarder ni à droite ni à gauche. Les gens qui n’étaient pas habitués à voir des étrangers leur rendre visite s’arrêtèrent pour la regarder mais elle n’y prêta pas attention.
Parvenue sur la place, elle se dirigea vers une jeune femme et lui demanda un verre d’eau. Amanda la fit entrer chez elle et lui offrit ce qu’elle avait désiré. Lorsque la vieille femme fut désaltérée, Amanda se risqua à lui demander d’où elle venait. La femme resta muette un moment qui parut très long à son hôtesse. Enfin, elle leva les yeux, sourit puis entama un récit que la jeune femme n’interrompit pas.
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Amanda se sentait très émue devant l’obstination et l’amour de cette femme. Elle
n’osa pas lui dire que depuis le temps, sa sœur n’était certainement plus de ce monde.
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En disant cela, elle posa devant Églantine une tranche de pain et s’excusa de n’avoir rien à mettre dessus. La vieille dame mangea avec un regard de gratitude mais avança que depuis le temps qu’elle voyageait seule elle avait l’habitude de dormir sous la voûte étoilée et de se lever avant le soleil.Très reconnaissante de l’hospitalité affectueuse d’Amanda, Églantine prit congé en la remerciant chaleureusement. La nuit tombait doucement après une journée sans soleil et Églantine s’allongea près de la rivière qui coulait au pied du château.
Extrait du recueil « Les contes d’une rêveuse »
de Elisabeth C.