






Au nom du Feu sacré
INÉDIT
Sur une terre vivent séparément le peuple masculin du Ciel
et le peuple féminin de la Terre. Tous les....

Petit peuple -
Annuaires partenaires -
Esther Brassac -



Après des palabres qui n’en terminaient pas, on put constituer un petit groupement de sept personnes.
Au pays des rivières, chacun voulut rencontrer ces nouveaux habitants temporaires. Mais, malgré leurs invitations amicales, les moroses comme on les appelait, préférèrent rester chez eux. Seule la femme âgée trop contente de trouver à qui parler, accepta de grand cœur les invitations.
Le dimanche qui suivit leur arrivée, la population se dirigea en vagues humaines vers une des nombreuses fontaines du pays. Chacun traînait derrière lui une carriole chargée de jarres en terre cuite. La fontaine qui était l’objet de leur visite se nommait, la fontaine de la fée Olga. Son eau guérissait de nombreux maux et faisait la peau douce aux femmes qui s’en servaient pour leur toilette.
Les moroses suivirent le convoi, traînant eux aussi une carriole avec des jarres.
Ils allaient peut-
Les semaines se succédaient sans la moindre amélioration. Il fallut rentrer la tête basse et le cœur lourd. Le groupe des sept se rendit auprès du roi pour lui rendre compte des résultats négatifs. Chacun raconta ses expériences et son échec. Le roi se sentit atteint par une immense tristesse. Soudain la vieille femme sortit des rangs portant un sac de toile dans les bras.
-
Elle attrapa son sac par le dessous et en renversa le contenu sur le sol. Des pommes, des noix, des morceaux de pains et bien d’autres victuailles se répandirent par terre.
-
Tous crurent que la vieille femme perdait la tête. C’était d’ailleurs pour cette raison qu’ils évitaient tous de lui parler lorsqu’elle les arrêtait pour faire un brin de conversation. Un murmure hostile parcourut l’assemblée. Le roi leva la main en signe d’apaisement.
-
-
L’assistance était figée dans un silence de mort. Le roi, après avoir pris un temps de réflexion, se leva et tendit la main à la vieille dame.
-
L’idée prit du temps à être appliquée par les habitants de ce pays mais, petit à petit, ils commencèrent à se recevoir et à partager l’amitié. Un sourire se leva sur le pays.
Les dragons eurent l’idée d’organiser une grande fête qui réunirait les deux pays. Ce fut un vrai succès au point que les habitants du pays vert se consacrèrent de bon cœur à la création de cours de jardinage et de culture pour rendre le pays des rivières plus riche. Ils apprirent aux habitants à détourner l’eau des rivières pour irriguer leurs champs et les rendre bien plus productifs. Ils leur enseignèrent à recueillir l’eau de pluie pour arroser leurs jardins et leur donnèrent de nombreux plans de fleurs de toutes sortes.
Quelques années plus tard, rien ne permettait de distinguer le pays des rivières du pays vert.
L’amitié avait prouvé qu’elle était la plus puissante des magies.
l y avait autrefois deux royaumes séparés seulement par un territoire occupé par des dragons.

L’un des royaumes s’appelait, le pays vert, l’autre, le pays des rivières. Chacun
d’entre eux était gouverné par un roi débonnaire et les dragons étaient eux-
Au pays vert, la végétation était d’une luxuriance exceptionnelle. De plus chacun des habitants possédait sa maison entourée d’un joli jardin. Personne ne manquait de rien, bien au contraire. Le climat était très souvent ensoleillé et par chance lorsqu’il pleuvait c’était généralement la nuit. Donc, dans ce royaume, tout allait pour le mieux. C’est en tout cas ce que l’on aurait pu croire au premier abord car il y avait un très gros problème que le pauvre roi ne parvenait pas à solutionner. Les gens n’étaient pas heureux. Chacun était insatisfait. Personne ne riait, personne ne souriait et l’on aurait pu croire que tous les malheurs du monde pesaient sur les épaules de chacun d’eux.
Au pays des rivières, la situation était bien différente. Ici, la végétation était plus rare et le climat moins favorable. Les récoltes de céréales et de légumes ne risquaient pas d’enrichir leurs propriétaires.
Bien que les deux royaumes soient très proches, le climat différait en ce sens que la pluie se faisait rare et le soleil brillait surtout par son absence. Là aussi le roi essayait par tous les moyens de rendre la vie un peu plus douce à son peuple. Cette situation n’empêchait pas les habitants du royaume de faire souvent la fête et de chanter pour accompagner leur travail. Dans ce pays, pas de soleil, mais, joie de vivre.
Les deux rois humains et le roi dragon se rencontraient régulièrement pour prendre
respectivement de leurs nouvelles et pour échanger des idées. Un jour lors d’une
rencontre, le roi du pays vert se lamenta sur cette chape de tristesse qui semblait
s’être abattue sur son peuple. Il essayait bien d’organiser des festivités de toutes
sortes pour réjouir le cœur des gens, mais rien n’y faisait. Le roi du pays des rivières
suggéra que peut-
Le roi des dragons intervint pour dire qu’avant d’en arriver là il serait peut-
L’idée paraissant facile à mettre en œuvre, il fut décidé que dès le lendemain un groupe d’habitants du pays vert se rendrait pour un séjour de quelques semaines au pays des rivières.
Cependant, il ne fut pas facile de trouver des volontaires. Une femme âgée que les autres n’appréciait pas trop parce qu’ils la trouvaient un peu trop envahissante, fut au contraire enthousiaste.
Extrait du recueil « Les contes d’une rêveuse »
de Elisabeth C.
